jeudi 12 novembre 2009

Confidences de chauffeur de ministre

Le retour des confidences de YOKA LYE (Merci papa Hervé!) pour ne pas oublier nos amis congolais!!

Tous Sinistrés !

Par Le Potentiel

Sinistré. Comme réfugié. Comme refoulé. Comme maudit. Kipulu est sinistré et je l’ai dit à mon patron, le Ministre des Affaires stratégiques (à prononcer avec respect…). J’ai dit à mon patron de Ministre que Kipulu est mon voisin de quartier, mais en-bas-d’en-bas, là où se sont accumulées les érosions. Kipulu est aussi presqu’un collègue puisqu’il est aussi un chauffeur, mais de … de taxi. Kipulu a huit enfants et il habite aux abords de la rivière «Sala-ngolo-zaku». Ici, dans ce quartier en-bas-d’en-bas affalé sur le lit de la rivière, les nuits de pluie sont des nuits blanches. Pendant que sur la ville huppée, à Binza, Limete, Gombe, Righini, la musique de la pluie berce les fils à papa et chante les rêves des filles à maman, Kipulu, sa femme et ses huit enfants ont des cauchemars en habits de pauvres diables traqués par la peur. Kipulu et sa femme savent à peine lire et écrire, mais ils savent compter les moindres gouttes de pluie sur le toit, contre la porte et la fenêtre, comme on compte les coups durs… A Binza, à Limete, à Gombe , les fils à papa et les filles à maman se réveillent en sursaut paniqués bêtement par les coups de tonnerre. Kipulu et sa famille n’ont pas peur des coups de tonnerre. Le tonnere est si loin ; et il ne frappe pas à n’importe quelle porte. Le tonnerre, pour Kipulu, est la chose la plus démocratique : il ne frappe pas par hasard ; il choisit certes qui il punit et pourquoi ; mais il punit indistinctement le toit du riche comme celui du pauvre. C’est pourquoi Kipulu n’a pas peur du tonnerre. Lui a peur de l’eau, suintante, lancinante, pénétrante, mortelle. Comme les larmes de femmes. Binsonji bia bakaji !

J’ai raconté à mon patron de Ministre que l’autre nuit du mardi 03 novembre , Kipulu s’est réveillé comme toujours en pareil cas d’orage, lentement, posément. Avec les mêmes gestes mous, mécaniques, fatals. Kipulu a réveillé femme et enfants. Eux aussi, avec les mêmes gestes exercés comme sous l’alerte d’une bombe, ont commencé à ranger leurs menus trésors et à s’abriter au-dessus de la table et de l’armoire. Or le grand trésor était resté dehors : le taxi. Il fallait vite dégager le vieux tacot pour le garer tout aussi rapidement sur la grande avenue, près de la pompe d’essence. Mais la route n’a jamais été aussi longue de la bicoque jusqu’à la pompe d’essence. Le mardi doit être un mauvais jour, puisque ce jour-là Dieu lui-même a semblé être surpris. Kipulu n’est pas parvenu à dégager le vieux taxi, et le véhicule est resté coincé puis englouti dans la boue dévalante. Plus grave : un enfant s’est noyé ! Mais Kipulu ne l’a su qu’après la pluie, au moment de faire les comptes. Le benjamin manquait à l’appel, sans doute parce qu’il ne s’est pas trouvé assez de place sur l’armoire ou sur la table, pour se mettre à dix au -dessus des flots mouvants. Après la pluie et le désastre, Kipulu a aussi compté qu’il lui manquait sa radio, de vieux bijoux de sa femme et un peu d’économies. Qui a encore dit qu’après la pluie c’est le beau temps. Kipulu a regardé longtemps, longtemps le firmament, cherchant vainement un trait de bonté divine ; il n’y a vu qu’un long arc-en-ciel de feu et de sang. Kipulu est allé pleurer sous la pluie pour cacher à sa rage à sa femme et à ses enfants. Mais à quoi sert-il de pleurer, se disait-il finalement, de la même façon chaque année à la même période ? Il devinait même la suite des événements : d’ici peu, quand le ciel deviendra clair et serein, les autorités du quartier, le député du quartier, en grande pompe, viendront verser sur les pauvres têtes de pauvres sinistrés des larmes protocolaires et furtives. Ils seront escortés par la horde des journalistes. Et devant les caméras braquées, ces autorités diront des banalités et referont les promesses mille fois entendues, puis disparaîtront jusqu’à la prochaine saison…

Oui, j’ai raconté à mon patron de Ministre que mon voisin d’en-bas-en-bas, Kipulu est sinistré . Sinistré comme réfugié. Comme refoulé. Comme maudit. Qui a encore inventé l’expression «dormir à la belle étoile» ? Kipulu ne connait pas de belles étoiles. Au -dessus de sa tête, ce sont des trous noirs qui criblent le ciel comme des impacts de grenades.

J’ai fini par dire encore à mon patron de Ministre qu’au fond nous sommes tous sinistrés, nous en-bas-d’en-bas. Nous sommes de vrais sinistrés en impuissance. Sinistrés d’hier comme Kipulu et sa famille. Sinistré de demain. Demain ce sera pareil : en 2015, en 2025, en 2045. Ce sera un mardi. Le mauvais jour…


YOKA LYE

ANDREYOKALYE@YAHOO.FR

vendredi 26 juin 2009

Partir un jour, sans retour...

Aurevoir RDC, aurevoir amis d'un jour, d'un mois ou d'une année...
Bonne continuation et bon courage pour la suite...


MERCI pour ces milliers d'instants de découverte, de rencontre et de bonheur!

jeudi 25 juin 2009

Confidences de chauffeur de ministre


Fête de la musique à la Kinoise


Par Le Potentiel


Comme on sait, dimanche passé, c’était la fête de la musique à travers le monde. Notre capitale s’est mise aussi à l’air du monde ; et pendant une journée on a renvoyé aux oubliettes les soucis quotidiens et on s’est éclaté. Mon patron, le Ministre des Affaires stratégiques (à prononcer avec respect…) a été invité à un concert de jeunes musiciens. Il a accepté volontiers l’invitation pour échapper, lui aussi, à la déprime ambiante. Ah ! pour mon patron, l’air est de plus en plus pollué en ce moment dans la capitale, avec une primature, paraît-il, obèse et donc dans l’œil du cyclone ; avec les rumeurs étouffantes de remaniement, avec le dollar en ndombolo vertigineux, avec les mêmes prophéties d’apocalypse à l’Est du pays, avec la danse-hésitation de l’opposition partagée entre les épreuves de douleur infligées par la Cour pénale de La Haye et une position d’opposition en équilibre instable, avec une majorité carnassière à l’affût et déjà à l’assaut de la primature… Non, mon patron a choisi son camp ce dimanche, en dehors des tourbillons politicailleurs : c’est celui des jeunes, en plein quartier en-bas-d’en-bas, au milieu des « kulunas », des adeptes de la religion « kitendi » et autres «salomons »…


Naturellement, pour ce genre d’expéditions originales, je sers de guide éclairé et tous terrains. Mon patron a choisi de se mettre à l’air du jour et du temps : il est en jean’s multipoches, tee-shirt, mocassins, chapeau de cow-boy. Bien entendu, j’ai fait autant, avec ceci de particulier qu’il faut adapter la tenue à la démarche ; et donc j’ai appris à mon patron de Ministre la dernière démarche à la mode, moitié caneton moitié paon, un peu comme un bateau en tangage ! Il a suffi de deux séances de répétitions clandestines dans l’annexe arrière de sa résidence pour que mon patron soit au top du look, cool et fashion !


Nous voici donc au quartier en-bas-d’en-bas. Ah ! que je suis fier de mon patron de Ministre : il est au taux du jour, fier comme un coq, et fringant comme un jeune premier. Nous sommes accueillis par un brouhaha d’enfer et une bousculade digne d’une émeute, sauf qu’ici c’est bon enfant. Et comme l’accès dans ces ruelles tortueuses est impossible avec la voiture, nous l’avons garée loin sur la grande avenue et cheminons à pied. Aussitôt nous sommes submergés par la foule folle ; et mon patron de Ministre perd un tout petit peu de sa prestance. Je suis obligé de jouer du biceps pour le dégager des enkakements. Finalement, les organisateurs reconnaissent quand même mon patron de Ministre, et il se fait applaudir en traversant la cohue. C’est le triomphe ! Mon patron de Ministre est aussitôt porté en tipoy comme un chef coutumier, jusqu’au haut du podium. Encore des applaudissements frénétiques ! Et tout ça toujours au milieu d’un tintamarre de musique.


Une fois nous tous sur la tribune, suivent les discours de circonstance des organisateurs, mais en une langue hybride, entre le ki-français et le lingala-indoubill. C’est à peine si mon patron de Ministre comprend, mais il fait semblant. Même moi, habitué de ces incongruités linguistiques, je ne suis pas vraiment à la page pour ainsi dire. Je déchiffre approximativement des énigmes et des borborygmes comme « Bino ba presos bo mbasu-niser ba-peuple » («Vous les dignitaires, vous avez clochardisé la population »). Ou encore : « Awa idologi ya mapendo ekufa » («Chez nous, l’amour est mort »). Ou enfin : «Solola kaokokokorobo » (« Parlez toujours vrai »).


Et toujours la même musique tonitruante, au point qu’entre le Ministre et moi, nous hurlons à tue-tête pour converser. Mais entretemps, quelle faune devant nous ! Un vrai défilé de mode des sapeurs : cheveux à ras ou défrisés avec boucles d’oreilles et de lèvres pour les …garçons ; blouses-bodies raccourcies jusqu’au nombril avec des tatouages au pubis et des slips à découvert pour les… filles. Mon patron de Ministre semblait désemparé comme prisonnier dans une cage de fauves.


…Puis vint le tour de mon patron de Ministre de prononcer son discours de circonstance aux jeunes. Le Ministre s’est d’abord tourné vers moi pour savoir en quelle langue parler. Je lui ai soufflé à l’oreille: « Excellence, surtout pas le français ici. Ni le lingala d’ailleurs ! Parlez en votre langue maternelle : ils ne comprendront rien, mais apprécieront.» Mon patron de Ministre, pris d’une inspiration divine, a fait mieux : en guise de discours, il s’est mis à fredonner une vieille berceuse de son village natal. La foule était en délire !



YOKA LYE

ANDREYOKALYE@YAHOO.FR

vendredi 19 juin 2009

J-7...


1 semaine, 1 dernière sur 40...

7 jours pour vendre la jeep; la fontaine, préparer les conseils de classe et l'ultime réunion de parents.


7 jours poue partager nos derniers instants congolais dont, ce week-end, le mariage de Ramelle et Florent (diaporama de son enterrement de vie de garçon en bas de l'article), quelques verres à Bon Marché avec Charly, Franck, Bico et Kallo, recevoir encore une fois les antiquaires, Jean, Samuel, Albert et Jean-Pierre, et profiter encore d'un repas avec Papa Laurent et Esther qui nous ont soignés pendant ces dix mois.

Mais c'est encore 7 jours à vous attendre, à s'impatienter. 7 journées constamment divisées entre spleen et réjouissance...

Les départs n'ont jamais été mon for, les adieux encore moins.

Les retrouvailles seront fortes et belles mais comment pourrons-nous réaliser tout ce que nous allons laisser ici?

Kinshasa, capitale des paradoxes, de la misère et de la joie d'être en vie. Kin, mégapole indélébile!




jeudi 11 juin 2009

Quelques fragments de Kinshasa...

En vrac, voici quelques clichés de la ville de Kinshasa. Ses rues, ses commerces, ses habitants.

Les photos parlent d'elles-mêmes. Et, tout comme les jeunes générations de kinois, nous regrettons de ne pas avoir connu Kin-la-Belle...

Voici donc un petit diaporama et le lien vers l'album dans lequel vous trouverez aussi différentes vidéos.





Bonne journée à vous!

samedi 6 juin 2009

Confidences de chauffeur de ministre


ALLÔ, S.S. PROPHETE SIMON KIMBANGU ?

Par Le Potentiel


Confusion de dates dans la tête de mon patron, le Ministre des Affaires stratégiques ! Le pauvre, il s’est sûrement réveillé de pied gauche, et n’a apparemment aucune notion de temps. La confusion s’est encore compliquée le 25 mai dernier, «Jour de Noël » auto-proclamé des Kimbanguistes. En roulant à travers la ville, nous avons croisé d’immenses colonnes d’adeptes en vert-blanc chantant et dansant la naissance du premier Prophète noir. Mon patron de Ministre ne comprenait plus rien, et a fait confirmer auprès de moi la vraie version. Je lui ai expliqué que les Kimbanguistes sont jusqu’au-boutistes : ils ont désormais aligné sur le même diapason protocolaire et dogmatique Jésus de Nazareth et Kimbangu de Nkamba.

Donc désormais les chrétiens ont leur 25 décembre ; et les kimbanguistes ont leur 25... mai ! Ce qui a évidemment rendu furieux les Catholiques qui ont retiré leur solidarité chrétienne aux ex-frères en Christ. D’ailleurs les Kimbanguistes eux-mêmes semblent très embarrassés et ne savent plus à quel saint se vouer, et si le Christ reste toujours leur Sauveur…

De toutes les façons, au nom d’une Eglise africaine dynastique, les héritiers ont commencé à s’étriper pour des raisons inavouables de pouvoir et de fric! Mon patron de Ministre écoutait tout ça avec un mélange d’étonnement et de déception, lui qui vouait tant de respect à Simon Kimbangu. Il a donc pris une très grave décision: demander directement, à partir du Ciel, l’avis du fondateur du kimbanguisme, à travers l’interview exceptionnelle d’un journaliste exceptionnel qui est en contact exceptionnel, on ne sait comment, avec le Ciel. Il a suffi donc que mon patron de Ministre entre en contact avec ce fameux journaliste très introduit au Ciel pour obtenir de première main cette interview exclusive. Il avait fallu auparavant au fameux journaliste, se servant de son entregent, pour obtenir l’adresse personnelle du Prophète au ciel et lui adresser un mail : s.kimbangu@lola.cd. (ndlr: lola = paradis en lingala) L’on comprend pourquoi, il s’est passé beaucoup de jours depuis le 25 mai, avant la présente publication. Difficile de joindre le Ciel par téléphone ou par e.mail à partir de notre pays : les lignes et les voies du Seigneur y sont particulièrement insondables…

Voici l’interview de Sa Sainteté :

Journaliste : , Sainteté, merci infiniment d’avoir accepté de répondre à notre interview malgré vos nombreuses occupations là-haut-d’en-haut au Ciel. A propos, à quoi occupez-vous le temps éternel ? Vous ne vous ennuyez pas ?

S.S.S. Kimbangu : Que Dieu vous bénisse, mon fils. Comment pourrait-on s’ennuyer à droite de Dieu le Père. Ici le temps n’est pas le temps ; tout s’écoule en bonheur, en splendeur, en prière, en extase, en providence ! Alléluia !

Journaliste : S.S.S, vous reconnaissez-vous comme fondateur de l’Eglise du Christ sur la terre pour le Salut des Noirs, le kimbanguisme ?

S.S.S : De mon vivant, je n’ai jamais fondé d’Eglise. Cette initiative, louable sans doute, est l’œuvre de mes frères et sœurs en Christ. Ce sont eux qui détiennent le brevet d’invention.. Dommage qu’ils se tuent pour les droits d’auteur ! Alléluia !

Journaliste : S.S.S, justement ! Que vous inspirent toutes ces querelles de vos héritiers ? S.S.S (sanglots) : Ah ! Ne m’en parlez pas. J’en souffre terriblement. J’ai déjà souffert le premier jour quand ils ont décidé de se passer le pouvoir en mon nom et à tour du rôle héréditaire. On aurait pu demander mon avis ! Que Dieu leur pardonne, Alléluia !

Journaliste : S.S.S, et que pense le Christ de tout ça, de toutes ces dissensions fratricides, de la Noël délocalisée ? S.S.S : Hm ! L’autre matin, j’ai croisé dans les couloirs mon frère Jésus, et il m’a dit son étonnement sur toutes ces divergences de nos naissances respectives. Quelle foutaise ! Cela donnait la lamentable impression d’une course au pouvoir. Or, tout le monde sait que je n’ai pas l’âme putschiste. Sinon j’aurai pu faire basculer le pouvoir colonial qui m’a tant malmené à l’époque. Alléluia !

Journaliste : Avez-vous l’occasion de rencontrer souvent les Présidents Kasa-vubu, Mobutu, Kabila, le Premier ministre Lumumba, les Cardinaux Malula et Etsou, les Roi Léopold II et Baudouin ? Que vous dites-vous ? S.S.S : Oui, bien sûr, nous nous rencontrons souvent. L’autre soir, on a même partagé le cocktail dinatoire ensemble. Belle ambiance, mais traversée de temps en temps quand même par des lueurs de tristesse à voir le spectacle chez vous les pécheurs en-bas-d’en-bas. On dirait que l’horloge du temps s’est enrayée là-bas ! L’autre jour, Dieu le Père excédé, a menacé d’envoyer les 60 millions de Congolais en enfer, si la java continuait…

Mais chacun d’entre nous ici est formel, y compris les Belges Léopold et Baudouin : s’il fallait recommencer, aucun d’entre nous ne referait ce qu’il avait fait avant. C’est d’ailleurs pourquoi, on s’entend bien. Nous avons même créé une ONG célesto-humanitaire pour vous là-bas ; elle est présidée par l’artiste Luambo Franco-de-mi-amor…Alléluia !

YOKA LYE

ANDREYOKALYE@YAHOO.FR

jeudi 4 juin 2009

Dieumerci Mbokani de retour à Kinshasa !!!



Encore un de ces moments incroyables que seule la RDC peut vous offrir aussi simplement!

Mercredi, conviés par Patrick, Xavier et moi avons eu la chance de renconter un certain Mbo... Alors les liégeois, ça vous dit quelque chose?

De retour dans sa ville natale pour quelques semaines de vacances, Dieumerci est passé par la Rawbank pour donner une courte conférence de presse. Une dizaine de journalistes des principales chaînes et, trois mundéles supporters du Standard!


Les interviews sont en lingala, le "Petit" pas très causant et les conditions d'enregistrement difficiles (portes qui claquent, gsm qui sonnent et clavier du gars qui travaille juste derrière...). Pour ce qui est de l'intérêt des questions nous ne pourront malheureusement pas en juger (vous pouvez toujours essayer en ragardant la vidéo ci-dessous). Par contre Xavier et Patrick ont sauvé l'honneur en essayant d'en savoir plus sur son avenir... Championnat anglais et peut-être à Fulam. Mbokani en a quand même profité aussi pour lancer son association qui a pour but de soutenir un quartier en créant un hôpital.


Après 20 minutes tout au plus, Xavier sort son maillot rouch' et le fait signé. La caméra ne rate rien de la scène. Enfin quelque chose à filmer... Ensuite, il est reparti vers son quartier, UPEN, dans sa belle Touareg.


Au final donc, une rencontre orginale et la découverte du monde du journalisme en RDC où sans un petit encouragement, pas de reportage ni même un entrefilet dans la dernière des gazettes...



Le terrain de Jean et les photos perdues

C'est donc dimanche dernier que nous nous sommes rendus sur la nouvelle parcelle que papa Jean a pu acheter grâce à vous.

Le lopin de terre se situe un peu après l'aéroport, sur une colline de sable. C'est encore un des ces endroits où l'on peut observer la ville s'étendre. La poussée démographique oblige les kinois à construire toujours plus loin. Le milieu urbain engloutit donc chaque jour un peu plus de brousse.

Cette urbanisation trop rapide et presque anarchique pose pas mal de difficultés à l'état qui ne parvient pas à faire suivre les infrastructures. Pas de route, pas d'eau courante, pas d'éléctricité, pas d'écoles ni d'hopitaux subsidiés par le gouvrnement. Ici, tout va trop vite. Les maisons de blocs sortent du sable un peu partout et, déjà, l'érosion montre les dents.


Mais papa Jean est heureux! Il a son morceau de Congo avec, en plus, une vue agréable sur les collines avoisinantes.

Dans un premier temps, il voudrait parvenir à construire un cabanon de tôles afin de quitter la maison de la cité pour laquelle il paie toujours un loyé de 50$.

En suite, dans quelques années peut-être, il bâtira sa maison de blocs. Son épouse pourra aussi planter un peu de magnoc pour le fufu et le pundu et leur fils pourra jouer dans le sable avec les enfants du voisinage....

Grâce à vous donc, c'est un horizon un peu moins sombre qui s'offre à la famille de Jean ainsi qu'à celle de Samuel.

Pour ce dernier, nous n'avons malheureusement pas eu le temps de nous rendre chez lui. Mais il semblerait qu'il ait une situation fort semblable à celle de Jean.



Bien à vous.


PS: malheureusement, j'ai perdu les photos de la parcelle même... Enfin, elle ressemble à ce que vous voyez sur les autres photos.


vendredi 29 mai 2009

Musique!

Enfin de la BONNE musique! 

J'entends par bonne une musique nouvelle, créative et originale. 

Konono n°1 est un groupe originaire de N'Djili, le quartier de l'aéroport. Et leur Myspace est ici!
Ils ont pour particularité d'utiliser des bases de la musique ancestrale et de la moderniser. 
On électrifie et amplifie les instruments, on sature la sono, et on fait tourner la mélodie jusqu'à la transe... 
Les Ancêtres adorent et nous aussi! Même Bjork les a fait enregistrer avec elle. 

C'est dire...

Allez, écoutez moi ça pour entamer le week-end en pleine forme!

mardi 26 mai 2009

Vivement dimanche chez papa Jean!

Bonjour à tous!

Aujourd'hui, une bonne et une moins bonne nouvelle...

Tout d'abord, Jean a acquis son terrain et démarré les travaux. Toutefois, le pays étant ce qu'il est, il a fallu ajouter un peu d'argent pour les différents bakchichs et autres matabichs. Soit 250$ pour les différentes administrations et il manque encore 80$ afin que le bourgmestre de sa commune appose l'ultime signature. (Pour ces derniers, ni Jean ni nous n'avons encore trouvé de solution).
Mais bon, visiblement, ça roule et Jean est aux anges. Ils nous appellentMoïse et se demande comment il va pouvoir vivre sans nous dés notre départ. Ce qui a tendance à nous agacer car on espère qu'il va parvenir à se débrouiller pour payer la nourriture et l'école à ses enfants... Toujours est-il que ce dimanche 31, nous nous rendons sur son chantier afin de rencontrer sa famille et découvrir l'aboutissement du projet. Je pourrais donc enfin publier quelques clichés.
La seconde nouvelle est plutôt une énigme pour le moment... En effet, la deuxième famille que nous avons pu aider grâce à vous est celle de Samuel. Mais je n'ai eu qu'un contact téléphonique avec lui. Et, franchement, je n'ai rien compris. Son français et le mien semblent trop éloignés. Donc je ne sais pas où il en est... Normalement, il doit passer demain après-midi. Espérons que la pression familiale, sociale ou que la faim ou la santé ne l'ont pas poussé à utiliser l'argent à autre chose...

Nous en saurons plus demain.  

Voilà pour les dernières infos.Sachez que si l'envie vous prend de vouloir encore les aider ou en aider d'autres, nous restons vos intermédiaires sur place pour un mois encore...

Bien à vous!



Il est évident que cette image n'a rien à faire là, 
c'est juste pour vous faire voyager un peu!

lundi 25 mai 2009

Des mecs, des pizza & une radio...


Dans la vile de Dieumerci Mbokani, comment ne pas avoir pensé à retransmettre ces deux tests matchs? Sans images, sans connexion internet fiable, nous voici quelques décénies en arrières. Atablés autour d'un transistor. A la différence qu'aujourd'hui, le poste est chinois et que nous mangeons des pizza préparées par un portugais en buvant une bière kinoise...

Mais peu importait ce week-end. Tout était possible. Et ils l'ont fait! Quel drôle de sentiment que cette fierté qui surgit entre nous à cause du seul fait que nous venons d'une même région. Je me mettrais même à aimer le foot... Il est peut-être temps que je rentre avant que le Congo ne me transforme complètement...

Un seul mauve à notre table de liégeois...


Bonne journée à tous.

mardi 19 mai 2009

Pour mon anniversaire: premières leçon de batterie!

Cela fait des années que je casse les oreilles à mes parents pendant les repas, à mon frère qui étudie dans la chambre voisine, à Sophie qui téléphone et aux élèves qui sont en interro en frappant sur tout et n'importe quoi, et, surtout n'importe quoi!!!

Je me suis donc lancé! 

C'est autour d'une (ou peut-être plusieurs) bière que j'ai rencontré Djenga, batteur du groupe Washiba. De fil en aiguille on cause, je fais le malin... "Ouais, j'aime trop ce que tu fais. Mais tu vois moi ...." Bref, c'est après avoir débité pas mal d'ânneries dont nous avons tous le secret fin de soirée, que je lui tape dans la main et m'engage à prendre des leçons de batterie chez lui!

Quelques jours plus tard, le maître m'accueille dans son humble studio et nous démarrons sur ce qu'ils appellent une batterie accoustique (pour ne pas dire bricolée...).

Mais le coeur y est! Le prof ne connaît pas vraiment le solfège mais frappe des caisses depuis l'âge de 6ans. Ndombolo, rumba, ragga, jazz. Tout fait farine. L'élève quant à lui tente de comprendre ce qu'on lui veut. 

L'air est chaud, humide. Le t-shirt colle à la peau. Les enfants jouent dans la rue et défilent à la porte. Lorsqu'ils dansent un peu, je me vois déjà à l'arrière d'une scène entrain de faire danser tout Kinshasa!

Aaah... Ces beaux rêves d'enfants!

Le Maître:


L'élève...





mardi 12 mai 2009

A 7 semaines de notre retour, voici enfin notre lieu de vie!

Il n'est jamais trop tard...

Voici quelques clichés des deux appartements que nous avons occupés. Deux car nous avons déménagé en décembre. 


Effectivement, le premier en dehors du style libanais, était situé au rez-de-chaussée (RDC... éh éh!) au carrefour de l'avenue de la Justice et du boulevard du 30 Juin. 


La vue du salon donnait sur un parking et quelques gardiens assis en permanence sur nos seuils de fenêtre. La cuisine quant à elle avait une vue imprenable sur la Gombe. Le seul inconvénient, c'est qu'il n'y avait pas de vitre. Juste une baie ouverte. Il est intéressant de noter que comme le ramassage d'ordure n'existe pas, les poubelles sont jetées dans ce ruisseau. Ajoutez à cela la chaleur et le manque d'air... Vous obtenez une cuisine idéale pour les régimes. Dès que vous en franchissiez la porte, l'odeur vous coupait l'appétit! 


Enfin, le dernier élément nous ayant poussé à déménager est qu'il n'y avait pas d'extérieur. Ni balcon, ni terrasse, ni jardin... Et dans un pays chaud, rester enfermés avec les rideaux clos... c'était pas pour nous. 

Enfin, pour être complet, il avait aussi ses atouts. Effectivement, nous étions plus proches des congolais. Gardiens, voisins, commerçants. Nous connaissions aussi les coupures d'eau et de courant... 


Mais tout cela a bien changé lorsque nous avons atterri dans la concession Utexafrica...


Nous avons donc pris le 30 Juin vers Kintambo et fait 1 km. C'est peu mais ça change tout!

Une fois passé le portail, vous entrez dans un autre monde... Genre little world d'Eurodisney ou Sunpark ou encore la fausse ville du Truman show... Comprenez moi bien, il s'agit ici d'une bulle réservée à une franche de la population kinoise que constitue le monde des expatriés.
 

L'endroit est confortable, sécurisé et appaisant. On peut s'y promener, jouer tennis, laisser les enfants rouler à vélo et, depuis 15 jours, aller nager. C'est donc un endroit où il fait bon vivre. Dès que vous sortez de chez vous, vous vous sentez en vacances... Car ici, pas de pauvreté, pas de pollution, pas de coupure d'élèctricité ou d'eau, des jardins entretenus dans lesquels pullulent les plantes tropicales. 


Bref un endroit où il fait bon vivre. Mais qui pose aussi beaucoup de questions... Car les seuls congolais que l'on y croise arrivent tôt le matin. Ils sont chauffeurs, jardiniers, nounous, gardiens ou cuisiniers... Lorsque nous recevons des amis noirs à la maison, ils doivent laisser leur carte d'identité à l'entrée. Nos amis blancs pas. Interpelant. 

Autre fait, dans cette concession sous haute surveillance, certains trouvent encore utile d'engager un gardien pour leur maison... Etrange. Qui craignent-ils? Les voisins mundele ou les travailleurs ou mes amis congolais qui viennent souper le vendredi? 



Dernier cas de conscience: de notre terrasse, nous avons une belle vue sur le boulevard. La vie kinoise défile bruyamment sous nos yeux. Avec son lot de difficultés. Le manque de transport en commun, les embouteillages, la pollution, la police... L'extrême pauvreté aussi. Ces gens qui errent à l'affût du moindre petit billet. Vendeurs de pains, de cartes de téléphonne, d'arachides, d'oeufs, de cigarettes, d'eau pure et de babioles chinoises, quado (réparation de pneu, "pineu" à la congolaise), cireurs de chaussures... Et nous, assis dans notre ilot de blancheur... 

Est-ce vraiment ce que nous sommes venus chercher Loulou? 

Alors, comme partout, libre à vous de vous bouger. D'aller à la rencontre des gens. 

Ne voulant pas que notre vie à Kinshasa se limite au trajet Utex-Ecole belge (3km...) nous poussons toutes les portes que les congolais veulent bien nous entr'ouvrir... Franck, Charly, Kallo, Papa Jean, Papa Samuel, Papa Laurent, Maman Cécile, Florent, Albert et l'équipe de l'école Bolingo, Patrick du bar de la Paix et bien d'autres nous partagent à chaque rencontre le bonheur d'être ensemble, d'être là, d'exister.

Toutes les photos sont à la fin de cet album!

Bonne journée!

dimanche 10 mai 2009

mardi 5 mai 2009

Camping à Bombo-Lumene

Comme partout dans le monde, le 1er mai est ici aussi la fête du travail. Même s'il y a bien plus de chômage à Kinshasa. 

Cependant, nous aussi nous avons profité de ce week-end prolongé. L'avant dernier de notre séjour...

Avec Virginie et Hervé, nous sommes partis vers l'est de Kinshasa. Au début de la province du Bandundu pour un peu de camping en pleine nature... La région est constituée de plateaux couverts de savane et arrosée par deux rivières à la beauté sauvage. La rivière Bombo et la Lumene. C'est non loin de leur confluent que se situe le site "touristique." L'endroit est aussi une réserve naturelle dans laquelle on pouvait trouver, il n'y a pas si longtemps, des éléphants, des hippopotames ainsi que des gazelles... Aujourd'hui, le Congo, ravagé par la faim, n'a rien gardé de ces animaux exotiques... (Pour en savoir plus, c'est ici!)


En résumé, nous avons passé deux nuits sous tentes, pris pas mal de fois l'apéro et mangé à notre aise...  Feux de camp et coups de soleil...


Le must là-bas, en plus des paysages, c'est ce Rapido naturel qui n'a rien à envier à celui d'Aqualibi! En effet, en bikini et maillot, nus pieds, nous suivons un sentier s'étirrant au milieu des hautes herbes pour rejoindre la rivière en amont. En suite, nous nous jetons dans le courrant et nous laissons porter au fil du l'eau dans un décor tiré des plus belles scène d'Indiana Jones! Après 500m, il faut s'agripper au pont de lianes pour rejoindre la berge... Pradisiaque! 


Le seul inconvénient de coin de ce jardinn d'Eden est que des familles sud-africaines (blanches, donc, genre américain) y étaient aussi. Férus de sports moteur, les enfants tournaient dans le camp sur leur quads rutilants et leurs mini-motos stridentes... Enfin,... Absurdité du monde moderne... Se rendre à la campagne au calme pour mieux entendre les échappements de nos derniers jouets...


Sur le chemin du retour, dimanche matin, nous faisons un halte dans un "village" de pêcheurs. Ce lieu est aujourd'hui un des rendez-vous préférés de la bourgeoisie kinoise qui veut se délasser en dehors de la crasse et du vaccarme. Kinkole est aussi un petit port marchand. C'est là que j'ai goûté à mon premier vin de palme. Surprenant. Et Sophie à son premier liboke (poisson cuit en papillote dans des feuilles de bananier). Par contre, notre estomac ne nous a pas permis de gouter les autres zakouskis locaux...



Et toutes les photos sont par ici...

lundi 4 mai 2009

Confidences de chauffeur de ministre

1er mai : fête et grippe porcines

Par  Le Potentiel

J’ai coutume, certains jours de fête, de flâner dans le quartier pour faire des civilités aux «ban’a membres», voisins riverains, et s’enquérir auprès d’eux des programmes éventuels de beuverie et de cuiterie. A chaque fois c’est pareil : je m’arrête au coin de ma rue, devant la baraque du fou du quartier qui a établi là ses pénates depuis des lustres et que personne, pas même le bourgmestre, ne pense déloger… Et toujours je le surprends, ce fou joyeux, dans la même posture, en train de griffonner sur du vieux papier d’un vieux cahier d’écolier mille fois utilisé. Griffonner quoi, personne ne sait ! Lorsqu’en effet, il m’arrive de lui demander ce qu’il écrit ainsi avec tant de fièvre, il me répond la même chose  d’un air grognon: «Fainéant, tu vois bien que je travaille, non ?» Ah ! Que le comprends, ce vieil instituteur de l’Etat réduit à cet état, faute de ressources et de repères ! Le vieil instituteur a certes perdu le nord, mais pas les bonnes pratiques de la craie et du tableau. Une fois, je l’ai supplié de me montrer un petit bout de sa mystérieuse littérature ; il a hésité puis m’a exhibé juste un tout petit bout de page. J’ ai lu sur toute la longueur et la largeur de cette page un seul mot mille fois repris comme une obsession, comme ces devoirs qu’on imposait en punition à l’école primaire ; oui, un seul mot : « Mbudi, Mbudi, Mbudi, Mbudi… ». (N.d.l.r.: accord social de Mbudi)

A chaque fois, en m’arrêtant devant ce vieux fonctionnaire obsédé et victime collatérale du « Mbudi », je lui apporte quelques victuailles préparées par ma femme. Aujourd’hui, c’était, je crois, du porc grillé assorti de patates douces. Mon interlocuteur a remercié (indice d’une bonne vieille éducation !), a ouvert la petite marmite, a flairé puis a secoué négativement la tête. « Non pas de ça, m’a-t-il dit en retroussant le nez et les babines. Pas de viande porcine : du poison ! » J’étais atterré : comment cet homme perdu dans les nuages de la démence avait-il connaissance du dernier fléau à la mode : la grippe porcine, la fièvre américaine ? Décidément, radio-trottoir fonctionnait bien dans le quartier. En rentrant, penaud, auprès de ma femme pour lui restituer son cadeau empoisonné, j’ai expliqué ce qui m’était arrivé avec le fou du quartier. Ma femme en était toute confuse et en avait les larmes aux yeux… Elle a aussitôt refait un autre colis, cette fois avec des légumes «kikalakassa», les testicules de chauve-souris et le croupon de poulet. Et pour nous faire bien pardonner de notre indélicatesse, ma femme a joint une bouteille de «whisky» indigène. Mon hôte a dû apprécier le geste puisque, pour une des rares fois, il a esquissé un sourire énigmatique. Il m’a même invité à partager le repas avec lui dans sa mansarde. Pour être poli jusqu’au bout, j’ai goûté un peu de poulet, un peu de poils de chauve-souris et un peu de « lotoko » indigène.

Alors mon fou a vraiment ri, et, entre deux lampées de lotoko, s’est remis à écrire avec le même sérieux et la même fébrilité dans son vieux cahier. Je ne sais pourquoi, mais j’étais fort ému, fort malheureux en me disant que le monde était injuste : voilà quelqu’un qui avait sans doute fait de bonnes études, mieux que moi, pauvre chauffeur, et qui en était réduit à mourir au petit feu de la folie douce parce que «Mbudi», cette grosse arnaque républicaine l’avait condamné… Plus d’une fois d’ailleurs je me suis livré ainsi à mon patron, le Ministre des Affaires stratégiques (à prononcer avec respect…). Et plus d’une fois, mon patron m’a dit de s’en remettre au destin et de faire confiance à la justice de notre démocratie. Plus d’une fois, parce que je jetais à mon patron un regard sceptique à la suite de sa réponse sibylline, il m’a dit de ne pas dire trop haut ce que je disais là au risque de devenir fou moi-même, victime collatérale de la déprime générale… … Je me suis ensuite dirigé vers le nganda-bistrot au coin du quartier ; et là il y avait foule : on distribuait les pagnes de la soi-disante… Journée soi-disante… Internationale du soi-disant …Travail. J’y ai reconnu tous les ambianceurs, cuiteurs, ndomboleurs du quartier, tous fonctionnaires en grève chronique et en chômage déguisé derrière la bongolation, le boulot de taximan, le trafic des friperies, les navettes à Gouandzo.

Finalement, moi aussi, je me suis jeté dans la foule et la bousculade, et je m’en suis tiré avec deux pagnes : l’un pour ma femme, et l’autre pour notre fou du quartier, le seul à être vraiment convaincu des vertus du travail …bénévoleur.


Yoka Lye 

Andreyokalye@yahoo.fr

jeudi 30 avril 2009

spécificité_culturelle.8

Ici, pas de H&M ni de Zara... 
Mais trois possibilités pour vous habiller mesdames:
Soit les importations chinoises, soit les trois ou quatrièmes mains, soit le tailleur local!

mercredi 29 avril 2009

Musique!

Il y avait longtemps!

Et comme il paraît que le soleil se fait de plus en plus présent et comme l'heure des festivals approche, il me semble opportun de vous proposer une bande son légère et rafraichissante.

Kaysha, artiste de Kinshasa dont le père est député. Ca aide pas mal ici... Poète post-contemporain son dernier album s'intitule "African bohemian"... Dans un genre difficilement définissable: mêlange d'influence r'n'b, n'dombolo et coupé-décallé ivoirien...

Que dire de plus... Peut-être qu'avant notre retour je vous proposerai des morceaux d'un style un peu différent, d'une facture plus fine, mais bon, ça risque d'être moins drôle!

Allez, bougez bougez sur vos bureaux jusqu'à fatiguer!




mardi 28 avril 2009

Voyage aux confins d'une mégapole


Dimanche, grâce à Charly, nous sommes allés à la rencontre d'un diacre qui a créé un complexe scolaire dans le fin fond de Kinshasa, à l'extrême limite de la commune de Kimbanseke...

Nous avons donc rencontré Albert, diacre d'une paroisse d'un quartier périphérique (périphrase évitant le terme bidonville...), dans la commune de Kimbanseke (grande comme une ville) à l'est de Kin. On s'enfonce sur des routes incroyablement dégradées où le bitume laisse définitivement place aux marres et nids de poules géantes et rejoignons le gigantesque ancien cimetière (une colline entière). Les enfants se réaproprient l'espace perdu et jouent football entre les tombes. Des anciennes pierres tombales sont réutilisées afin de limiter l'érosion de cette colline de sable.


Et c'est un peu plus loin, après avoir franchi un petit marché, que nous arrivons au "
complexe scolaire de Bolingo." Situé dans un des coins des plus reculés et des plus pauvres de Kin (même l'électricité et l'eau courante n'arrivent pas jusque là...), 3 bâtiments de béton se dressent sur 4 petites parcelles.

En résumé, suite à des demandes de parents, ce diacre a décidé de se retrousser les manches et de bâtir une école pour les enfants du coin. En effet, l'expansion de la ville est tellement rapide que les infrastructures ne suivent pas. Du coup,
cette école poursuit plusieurs objectifs:

- offrir un
accès gratuit à l'enseignement aux enfants, même aux plus démunis;
-
soutenir un quartier livré à lui-même;
- veiller à la
qualité de vie des enfants (les plus pauvres sont identifiés et nourris gratuitement par l'école. Ils reçoivent même de la farine qu'ils rapportent chez eux).

Seulement, Albert ne peut compter sur les subsides de l'Etat qui n'arrivent jamais. Il a donc constitué une association avec des parents et sonné à plusieurs portes afin d'obtenir un peu d'argent pour construire les premiers bâtiments. Le personnel est rémunéré grâce à cette association aussi. (Un prof = 100$/ mois, la directrice: 120...)

Concrètement, on trouve plus ou moins 400 élèves en primaire et 80 en 1 et 2 secondaire, 19 membres du personnel et trois cochons... servant à apporter des protéines aux familles qui ont de moins en moins accès à la viande.

Dans ce coin délaissé, les besoins les plus urgents sont primaires:
1. Instalation de wc supplémentaires (+/- 500$ pour deux et il en faudrait 4 de plus). Pour l'instant, les 480 élèves ont une toilette fonctionnant à l'eau du puits et les profs ont l'autre... 2. Clôturer la parcelle pour éviter les intrusions dérangeantes et restreindre l'appel de l'école buissonnière...
3. Achever la porcherie afin de pouvoir apporter les protéines manquantes à leur alimentation. (+/-1000$)

D'autres projets à plus long terme existent aussi comme la réalisation d'une salle omnisport-conférence-bibliothèque; l'installation de panneaux solaires; l'ouverture des classes de 3 à 6 secondaires...

Dans ce contexte, l'école remplit vraiment un rôle social et tente de palier aux lacunes du gouvernement. Elle sensibilise les familles à l'hygiène (se laver les mains à la sortie des toilettes par exemple), à la nécessité de travailler, à l'intérêt de la solidarité. Autour de ces bâtiments, c'est un quartier perdu, dortoir et "pourri" qui se dynamise...


Bien à vous!

Des photos et des infos ci-dessous!
Complexe scolaire de Bolingo