mardi 20 janvier 2009
vendredi 9 janvier 2009
Confidences de chauffeur de ministre
C’était vraiment l’autre face de la médaille! C’était tout à fait l’envers : notre bailleur de parcelle, l’honorable parle-menteur avait complètement changé ! Alors qu’il nous a arnaqués, nous ses locataires, pendant toutes les fêtes de fin d’année, le voilà soudain épris d’une générosité sans pareil tout au début de l’année 2009, comme pour compenser sa pingrerie légendaire. Au point que j’ai dû, malgré moi, renoncer à bon nombre d’invitations de mon patron, le Ministre des Affaires stratégiques (à prononcer avec respect...). Donc, depuis la fin des fêtes, notre bailleur multiplie des largesses. Les premiers jours de janvier, notre bailleur a distribué porte après porte des sacs de riz, des sacs de fufu et des boîtes de conserves pour testicules de chauves-souris. Et malgré la clôture des ambiances de fin d’année, la majorité des locataires ont rempilé dans de nouvelles cuites. D’autant que, dans un deuxième temps, notre bailleur a commandé des casiers de bière et, de nouveau, les a répartis de porte à porte. Seule ma femme, on ne sait pourquoi, a résisté à toutes ces tentations de générosités. « Générosités suspectes », s’est-t-elle indignée. D’après ma femme, notre bailleur-parle-menteur devenu un superbe flambeur devant l’Eternel, ne pouvait qu’avoir signé des pactes sorciers avec des mamiwatas ou des boas cracheurs d’argent. Toujours d’après ma femme, cet argent distribué à profusion ne pouvait être que du « moyeke », c’est-à-dire de l’argent de « saleté ». J’ai eu beau signifier à ma femme que l’argent n’a pas d’odeur, que l’argent n’est qu’un bon serviteur, sans plus; que l’argent n’a jamais acheté ni l’honneur, ni l’amour, ni l’âme, wapi! Ma chère femme n’en démordait pas : pour elle, l’argent-là de ce bailleur-là ne pouvait provenir que d’un dangereux « occultiste» envoûteur, et apprivoiseur de boas vomisseurs de faux dollars.
YOKA Lye
samedi 3 janvier 2009
Est-ce que tu viens pour les vacances? Moi je n'ai pas changé d'adresse...

Ouf...
L'Afrique ce n'est donc pas Kinshasa... Kinshasa attachante mais érreintante... Pas vraiment stressante mais plutôt omniprésente (vaccarme, saleté, odeur) et souvent compliquée... Nairobi structurée, organisée et propre. Enfin les vacances! Sur les dix jours, nous en passerons donc 7 à l'hôtel. 7 journées pendant lesquelles nous nous reposerons et nous découvrirons la ville et ses alentours. Sans oublier de préparer le safari de trois jours pour la fin du séjour.
Finalement, tout s'est très bien mis. Nous y sommes allés crescendo. Visite de la ville et shopping, du musée national sur les animaux et l'origine de l'homme, un orphelinat de girafons, un autre d'éléphanteaux, un safari d'un jour, le 24 décembre, en amoureux (Lac Naivasha et lac Nakuru, cfr. carte), le marché massaï et, enfin, trois jours dans la réserve Massaï Mara... Des espaces à perdre le nord, des animaux par centaine et des rencontres, pour la plupart, marquantes.
Sans entrer dans les détails (il faut quand même que l'on ai encore des choses à vous raconter à notre retour!), nous avons pu nourrir les girafons, observer l'éducation des éléphanteaux ainsi que leur petit déjeuner au biberon, approcher des familles d'hippopotames en barque, et admirer en pleine savane des zèbres, des giraffes, des impalas, des waterbucks, des gnous, des pélicans, des buffles, des marabouts, des aigles, des lionceaux, des lionnes et des lions, des touristes texans (pas glorieux d'ailleurs...), des oiseaux de toutes les tailles, de toutes les formes, de tous les ramages imaginables, des autruches, des éléphants, des léopards, des flamands roses, des babouins,...
Notre dernier safari a été particulièrement réussi. Il faut savoir que ce que l'on vous propose, dans un budget raisonnable, c'est un regroupement hasardeux dans une camionnette au toît ouvrant. En suite, on vous promène, serrés à l'arrière pendant des heures et des heures dans la poussière et sous un soleil de plomb. C'est pourquoi nous avons souhaité avoir une journée de promenade à l'air libre. Interdiction de marcher dans la réserve, nombreux dangers et manque de carte... On nous remet alors entre les mains d'un guide et d'un guerrier massaï pour assurer notre sécurité.
Pour moi, ce fût la plus belle journée... A 6 heure, on part dans le parc en camionnette pour voir le lever du soleil sur la savane et les animaux. De retour vers 9h pour le déjeuner, le groupe nous dépose dans un village massaï. Le fils du chef nous fait la visite. Danses et chants folkloriques, intérieur d'une maison, et, petit marché de l'artisanat local... Après le petit déjeuner, Sophie et moi partons à pied à l'assaut de la plus haute colline du coin... Indescriptible...
Pour le logement, vous avez le choix: les lodges luxueux et honéreux ou un petit camping massï genre camp scout amélioré... Vous devinerez aisément notre choix. Feu de camp et discussions autour d'une bière sous un ciel riche de constellations et d'étoiles inconnues... Le lendemain, long retour à Naïrobi, petit retaurant avec deux suissesses avec qui nous partagions les banquettes de la camionette, une dernière courte nuit avant le départ pour Kin la belle!!!
Le reste des vacances fut un peu moins joyeux... Sans voiture, sans projet, nous nous sommes trainés de coup de blues en coup de blues jusqu'à la rentrée où nous retrouvions nos collègues et amis ainsi que ces chères têtes blondes pour de nouvelles aventures!!!
Encore une bonne année à vous tous et à bientôt!
vendredi 2 janvier 2009
Tant qu'il mettrait du coeur à l'ouvrage...
Extrait de Mathématiques congolaises, In Koli Jean Bofane (cfr. menu dans la marge droite et merci à Sophie et Rémy!), le passage qui suit est une interprétation du systéme économique congolais... Sans doute plus ou moins juste et plus ou moins excessive, elle a le mérite de faire réfléchir... L'insuffisance d'infrastructures modernes rendait les manoeuvres de chargement difficiles et les hommes en haillons suaient déjà à cette heure du matin, les muscles saillant sous l'effort. A cause du manque de moyen de manutention, le départ aurait certainement du retard, mais à vingt-cinq dollars le kilo de cobalt, au prix où était le caviar, on en avait sûrement pour son argent. Ce qui du coup posait la question: l'homme en viendra-t-il un jour à jalouser l'esturgeon? Ou encore: vaudra-t-il mieux, pour certains sur cette terre, comme le panda ou le phoque, confier ses intérêts au WWF ou Greenpeace plutôt qu'à l'ONU?
Les oubliés du miracle économique produisaient et manipulaient des denrées inestimables et rares, destinées à une technologie de pointe dont certaines applications avaient tout simplement pour but de les asservir encore davantage. Les circuits intégrés allaient produire des images et des concepts pour continuer à les persuader qu'ils seraient toujours les derniers des derniers sur la planète qui est la nôtre, et que tous leurs combats utopiques seraient toujours vains et, de toute façon, voués à l'échec. Les métaux précieux, une fois portés au feu, seraient envoyés dans l'espace afin de les surveiller, comme de grands enfants, sous l'oeil constant des satellites sophistiqués. Au cas où certains aspects de cette globalisation seraient mal perçus par ces populations, ce même cuivre reviendrait immanquablement, sous forme de blindage de balles de 7,62 crachées avec hargne par quelques kalachnikovs rebelles. Si tout ceci devait rendre quelqu'un malade, à partir de ces même matériaux on développerait des traceurs médicaux efficaces. Malheureusement leurs prix seraient inversement proportionnels à la baisse du cours des matières premières et tributaires de la hausse intempestive du dollar. Devenant, du coup, inabordables pour le pauvre hère courbé sous son bât quotidien.
Mais qu'importe, tant qu'il mettrait du coeur à l'ouvrage, rien n'était encore perdu, lui promettait-on."
mercredi 31 décembre 2008
Musique!
Alors pour votre réveillon:
BOUGEZ, BOUGEZ !
Confidences de chauffeur de ministre
Au feu ! Au secours, les Pompiers !
L’autre jour, en conduisant sur le boulevard mon patron, le Ministre des Affaires stratégiques (à prononcer avec respect ...), nous avons croisé une armada d’engins en tous genres, presque neufs, certainement commandés par la Ville. Il y avait dans la caravane: des pelleteuses, des camions balayeurs et arroseurs, des camions éboueurs, et même des véhicules anti-incendie. Mon patron de Ministre, à partir de la banquette arrière de la voiture officielle, exultait comme un bambin. Il m’a même ordonné de me ranger un moment sur le bord de la route pour admirer, d’après ses propres dires, « les cinq chantiers en marche de la République en marche ! ».
Seulement voilà : la semaine passée, il y a eu comme une série noire d’incendies dans la ville, et presque coup sur coup. Le premier incendie s’est manifesté en plein centre-ville, en plein dans un bar qui servait aux agents Monuc d’attrape-mouches des ... Moniques en chaleur. Comme tout le monde sait, «Monique» est le féminin de Monuc, en ce qu’elle en est l’âme sœur et damnée, et le repos de guerrier. Donc, à propos d’incendie du bar, en un clin d’œil, on ne sait pourquoi, paf! un feu d’artifice et un feu de brousse! Le bar consumé par le feu! Les agents Monuc et leurs ... Moniques, tous familiers du coin, ont fait un grand deuil de ce bar devenu le lieu mythique des accordailles et des épousailles sulfureuses ...
Le deuxième incendie s’est déclaré sur la ville haute, dans la villa huppée d’un quelqu’un-en-haut-d’en-haut. En un clin d’œil aussi, villa partie en fumée ! C’est ainsi que dès l’annonce du troisième incendie, mon patron de Ministre a décidé d’aller sur place et, si besoin, de mener lui-même les opérations d’extinction. Ainsi, armés de pied en cap avec casques, scaphandres, bottes et gants de pompiers qu’il venait de commander à la brigade anti-incendie pour les besoins médiatiques et politiques, mon patron de Ministre et moi avons débarqué en pleine « cité» devant un hôtel en flammes. «Hôtel» est un bien grand mot pour cette bâtisse informe, presqu’en délabrement, servant plutôt de lieu borgne de passe et de prostitution. D’ailleurs, il fallait voir comment les amoureux d’une passe couraient hors des flammes dans une panique indescriptible, comme des Adam et Eve chassés du paradis! Il Y avait là, parmi ces fuyards et ces rescapés, de vieux croulants bedonnants, en slips flageolants et s’accrochant aux bras de filles nubiles à demi-nues. Tous, Adam et Eve, certainement surpris pour ainsi dire dans le feu des ébats érotiques ... Il y avait là également, des mémères rabougries, seins flasques tels des chaussettes et ventres en accordéon, pleurnichant de souffrance (mais aussi certainement de honte !) dans les bras de jeunes gigolos « Mario ». Tous, mémères et «Marios », projetés hors des flammes et du danger, mais au-devant du public intrigué des badauds. Nous étions là-devant l’incendie, mon Ministre et moi, impuissants dans notre ridicule tenue de pompiers d’opérette.
C’est alors qu’on entendit au loin, puis de plus en plus proches, les échos d’une sirène de pompiers. Piii! Pôôô ! Piii! Pôôô! Les pompiers ont débarqué avec fracas, comme des extra-terrestres. Ils se sont aussitôt affairés à dérouler les énormes tuyaux d’eau. Mais au moment de lancer les jets d’eau, rien! Rien qu’une petite pisse de chauve-souris! Mon patron de Ministre était au bord des nerfs .
... Arriva le deuxième camion extincteur. Piii! Pôôô! Piii!Pôôô! Toujours en trombe, et les boyaux bourrés d’eau. Mais ce camion était tellement gorgé d’eau que, dans sa surcharge, il cassa sec deux grosses dalles et s’y enfonça à un kilomètre du sinistre. Mon patron de Ministre ne tenait plus en place, et criait des ordres et des contre-ordres en tous sens.
Arriva enfin, toujours à tombeau ouvert, un troisième camion anti-incendie. Piii! Pôôô! Piii! Pôôô! Mais il était tellement en vitesse qu’il dérapa et alla cogner contre les voitures en stationnement. Et parmi ces voitures fracassées, yélélé ! yélélé ! la voiture même, la voiture officielle de mon patron de Ministre ! Autrement dit, ce qui fait ma propre fierté de vivre et de survivre en tant que chauffeur distingué d’un Ministre distingué ... Partie en fumée, « notre» voiture officielle!
Mon patron de Ministre était fou de rage ... Il a fallu finalement le secours des « shegués » pour éteindre, avec des seaux dérisoires et de l’eau de robinet, les dernières flammèches évanescentes. Et de nous trouver, à mon patron et à moi, un taxi-express de fortune pour quitter les lieux du sinistre !
YOKA LYE