vendredi 3 avril 2009

Coupure de presse

Une somme de 250 dollars Us se transforme en 250 francs congolais

Par Le Potentiel




Chargé de protéger la population et ses biens, certains éléments de la police nationale congolaise s’écartent de cette mission. C’est le cas vécu le lundi 30 mars 2009 au Marché central de Kinshasa situé dans la commune de la Gombe. En effet, un élément de la Police nationale a subtilisé de l’argent à un paisible citoyen qui vaquait librement à ses occupations.

Selon la victime qui s’est confiée au journal Le Potentiel, elle avait sollicité un service à un policier afin qu’il lui assure sa sécurité pendant qu’il ferait ses emplettes au marché. Le policier y avait marqué son accord.

Chemin faisant, alors que les relations amicales ainsi que la confiance s’y étaient déjà installées entre les deux parties, la victime n’a pas hésité de confier à cet agent de l’ordre une somme de 250 dollars américains. Une façon pour lui de s’assurer qu’aucun esprit maléfique ne hantera les poches du policier.

Ce dernier empochera cette somme aussitôt reçue. Mais aussitôt les emplettes terminées, il présentera, contre toute attente, à celui à qui lui avait rendu service, une somme de 250 francs congolais, en lieu et place de 250 dollars américains qui lui avaient été remis.

Prise de colère et sous le coup de l’émotion, la victime s’est mise à ameuter les passants à qui elle a expliqué la mésaventure qui lui est arrivée.

Entre-temps, le policier incriminé a tenté en vain de prendre le large car il a été immédiatement neutralisé par des personnes accourues sur le lieu.

Acheminé au poste de police, le larcin a restitué la somme de 250 dollars américains qui lui avaient été confiée pour la garde. Malheureusement pour la victime, il ne lui a été restitué que 100 dollars américains. L’autre partie a été retenue « à titre d’effort pour avoir retrouvé le pactole ». Triste fin d’une mésaventure.

Y.K. ET NTSHINITI EKANSOR (STAGIAIRE)

jeudi 2 avril 2009

Comment allons-nous?

Copier-coller d'un mail à une amie. Pré-bilan à 3 mois de la fin de notre périple. Sans prétention et à vif.


Ça va très bien effectivement.
Nous découvrons une autre vie dans un autre monde. Tout est si différent ici qu'on peut difficilement imaginer... Alors, un jour c'est la joie d'une rencontre ou d'une magnifique découverte et le lendemain, confronté à la réalité des congolais, c'est le cœur qui se serre. A toi de te situer la-dedans à chaque fois avec ton ressenti et ta façon de voir...
Ici, tu peux très vite devenir un "vieux-porc" qui profite des gamines de 14 ans qui tentent d'aider leur famille en "travaillant" en boîte de nuit, ou rester dans ton coin de blancs riches et protégés ou risquer d'aller à la rencontre des gens qui vivent ici.
Pour nous, ce sont les moments que l'on partage qui nous donnent envie de continuer, de rester et d'aller plus loin.
Par contre, au niveau boulot, c'est pas top... Travailler dans une école sans projet pédagogique, sans réel souci de l'élève, sans une équipe soudée et motivée, ce n'est pas notre truc. Autrement dit l'école nous a permis de venir en RDC mais ne nous aura pas apporté grand chose sur le plan professionnel. Petit regret...
Voilà un premier bilan avant l'heure... En effet, il nous reste trois mois et pas mal de coins à découvrir et pas mal de gens à rencontrer.

Nous ferons de notre mieux.




lundi 30 mars 2009

Un excellent week-end




Après une semaine qui fut longue et chargée revoici le temps des loisirs! Samedi, balade en brousse et, dimanche, au fleuve avec l'ambassadeur pour partager des Ferrero!
Tout c'est presque passé comme nous l'avions imaginé...

Sauf que nous nous sommes trompés de piste et que j'ai posé l'Hilux sur le pont arrière en plein soleil... Et, un peu plus tard, c'est à Hervé de l'ensabler!


Sauf qu'un orage nous a surpris alors que nous étions esseulés sur un banc de sable avec pour seul soutien moral une coupe de champagne en l'honneur de l'arrivée du nouvel ambassadeur de Belgique...


Résultat: pas de marche, séance de creuse à mains nues couchés sous l'auto; piquets de tente pliés, barbecue et filets purs ensablés, magnifique clarté sur le fleuve Congo et sur Kinshasa...


Et, pour clôturer le tout, samedi soir, nous avons assisté à un concert un peu différent du dombolo abrutissant habituel, à Bandal. Les Washiba! Vivement recommandés!


A présent, l'humeur est plutôt maussade... Il pleut et il nous reste encore une semaine... Avant de retrouver nos amis Lemm', Alice et Hugues en Afrique du Suuuuuuuuud!!!

Bien à vous.

Plus de photos ici!

lundi 23 mars 2009

Félicitations!

Bravo à tous!

Grâce à votre mobilisation et à votre intérêt pour ce projet, nous sommes, je pense, en mesure d'aller de l'avant et de commencer les recherches.

Mais il faut que vous sachiez deux, trois petites choses...

Ici, les gens sont tellement dans le besoin, dans l'urgence et la pression familiale est tellement forte, qu'il est dangereux de donner une somme d'argent importante à un congolais. C'est pourquoi, avant de pouvoir prendre des photos et d'avancer dans le projet, il faut que je trouve un "tuteur" qui pourrait suivre discrètement la situation. Eviter que Jean ne se fasse arnaquer par le vendeur de parcelle (un véritable fléau ici, on vend des parcelles qui appartiennent à quelqu'un d'autre, voire à l'état!). S'assurer aussi que sa famille, au sens large, ne le spolie pas directement.

Après les conseils avisés d'Alain, Charly serait peut-être bien l'homme de la situation... Je le rencontre mercredi et vous tiens informés dès que ça bouge!


Merci pour eux!

mercredi 18 mars 2009

Musique!

Long morceau sans grand intérêt de Félix Wazekwa qui fait rage à Kinshasa!

Principale qualité, sa chorégraphie. Notez bien le souci du détail dans l'imitation de la chèvre...

Notez aussi qu'entre chanteurs kinois, Koffi en tête, on joue à la guè-guerre! "Tu te moques de ma femme... Voici une chanson où je vais bien rire de ta barbichette!" Et toc! Voici la chèvre de monsieur Seguin! Ah ah! Bien vu l'artiste!


L'intérêt de ces petites batailles est de défendre l'image d'une brasserie (Bralima et Bracongo étant chacune un sponsor-mécène des chanteurs locaux) et d'occuper les gens. En effet, les kinois suivent ces polémiques comme nous suivons Lost ou Dr. House...

Mais ici, c'est plutôt
: La petite chanson dans la cité!

samedi 14 mars 2009

A la croisée des mondes




C'est le jeudi précédant les vacances de carnaval que nous prenions la route avec les élèves de 5ème secondaire pour un temps d'approfondissement personnel loin de l'effervescence de la mégapole et de la frénésie de leur vie d'ado.

C'est dans le cadre des cours de religion et de morale que ce projet est mis sur pied. L'objectif: donner l'occasion à ces jeunes de sortir de leur cocon et de découvrir la vie en groupe, le sens du service, de l'engagement et de l'initiative! Bref, un condensé de Baden Powell en 3 jours...

L'intérêt que représentait pour moi ce type d'activité se situe au niveau de l'organisation dans ce pays où la peur et la crainte occupent pas mal d'esprits expatriés. Nous devions nous rendre à Kolo Fuma (Voir cet article), sur la N1 Kinshasa-Matadi. Le transport à lui seul constitue un certain danger. Les petits cars allaient-ils être dans un état correct? Avec des freins et une direction fiables? Les chauffeurs seraient-ils à la hauteur, raisonnables et professionnels? N'allions nous pas croiser un camion-fou?

Très rapidement, nous avons été rassurés. Les bus étaient impeccables et les chauffeurs soucieux de leurs clients. Ils ont chargé tous les bagages sur le toits Matelas, énormes valises et autres lits de camps volumineux. Le camping et les mouvements de jeunesse ne font pas vraiment partie des habitudes d'expatriés... Sur la route, le chauffeur de l'école nous a accompagné au volant de son pick-up chargé de réserves d'eau pure et de deux fontaines. La logistique était bien en place. Nous pouvions partir.

Seul dans un bus, j' ai observé les élèves. Des jeunes de 17ans comme les autres. Ou presque... Pour la plus part, ils ne sortent jamais de leur milieu. Les parents les protègent de tous les maux que pourrait engendrer une virée dans un pays tel que la RDC. Un ipod crache son r'n'b américain remixé par des dj's congolais et une certaine euphorie semblait gagner le groupe. Le gout de la liberté. Enfin, modestement puisque le gsm couché sur les genoux, les parents ne sont jamais loin!

Après 4h de route, nous avons quitté la N1 pour prendre la piste vers Kolo... Première brève rencontre avec l'autre monde... Dans notre bus blanc chargé de blancs nous avons croisé un camion aux couleurs nationales surchargé de marchandises et de congolais. Mal à l'aise, on a rit, on s'est protège et on n'a pas encore osé tendre une main pour un salut amical. Ca va venir.


Sur place, tout s'est passé normalement. Des sanitaires délabrés (ou dévastés?), une maison de moins que ce qui était prévu. Les garçons dormiront dans le réfectoire... Il nous reste 2 douches pour un groupe de 35. Belle aventure.

Le point d'orgue de voyage a été, sans aucun doute, la rencontre avec l'école du village de Kolo-Fuma. Deux mondes s'observant... Se dévisageant... Se rencontrant. Les riches ont osé laisser tomber un instant leurs ricanements et les pauvres ont voulu montrer qui ils étaient. Mais la joute n'aura pas lieu! On a prévu mieux! Nous avons mêlé les deux écoles pour constituer 4 équipes de foot. Chez nous, tout le monde devait jouer! Même les filles! Chez eux, seuls les meilleurs avaient été repris. Finalement, tous ont joué ensemble sous le même soleil brûlant! Et, dans les gradins, c'est la fête!



Le lendemain, nous avons apporté un peu de matériel scolaire à l'école. Des stylos, du papier, des craies... Le directeur nous a ouvert les portes de son établissement et, pour les élèves qui étaient là, c'est la surprise. Osera-t-on encore se plaindre? Que veulent encore dire les mots: équité, justice, égalité?

Le samedi matin, le départ a été un peu précipité. Un garçon ayant décidé de terminer son séjour en nous offrant une petite cabriole nocturne dans les escaliers de pierre. Résultat, sans doute une commotion. Le retour sur Kin devra se faire prudemment et rapidement. Une nouvelle fois, la différence entre notre monde et celui des congolais va nous sauter aux yeux...

Ressortissant portugais, les parents ont contacté leur ambassade. Et, la MONUC peut nous envoyer un hélicoptère s'il nous semble qu'il y a vraiment urgence. Finalement et plus simplement, un agent de police nous a été détaché afin de nous escorter dans les embouteillages monstres à l'entrée de la ville... Tandis que dans les hôpitaux pour congolais, sans les 5$ pour la quinine, on ne soignera pas votre malaria...

De contraste en contraste, de rencontre en rencontre et d'un monde à l'autre, nous sommes tous rentrés bousculés... Mission accomplie!

Bien à vous.

De Kinshasa, RDC, 08-09




vendredi 13 mars 2009

Complément d'information subjectif

Pays maudit!!!!!

La fête n'aura duré que deux jours, deux jours d'insouciance, de liesse, de cortège... Célébrer les héros, le retour des Léopards, vainqueur de la CHAN (version pour joueurs locaux de la CAN)... Triomphe pour toute une nation... Espoir! Enfin ne plus être les derniers, enfin que les moqueries cessent... Enfin être une vraie nation, pouvoir être fiers d'être Congolais de RDC!!!

Puis la réalité frappe... La nature impose ses lois, rien à y faire, comme d'habitude... Une nuit de violents orages, d'inondations,de coulées de boue, de glissement de terrains, de morts...

Pays maudit! Passage express de l'espoir à la réalité cruelle... Les travaux de voiries amorcés vont aussi en prendre un coup! Éternel recommencement...pfff...


Et pourtant l'enthousiasme était présent, ça démarrait... Tout allait démarrer! La nation scandait le nom d'"Obama" à chaque fois que l'entraîneur Santos apparaissait à l'écran, les gens nous serraient la main en remerciant les 5 chantiers!!! Accompagnant le tout de "Hi-han" ("bonjour" en chinois selon les congolais), les cris montaient, l'argent allait arriver... Tout une série d'associations d'idées plus que surprenantes pour notre mode de pensée européen...

La ville s'était recouverte de banderoles remerciant les héros; les sponsors coloraient la ville; même monsieur Joseph avait commandé et bien placé sa banderole, ne s'arrêtant pas là, lundi fut férié pour tous... Bon, deux tiers des gens n'ont quand même pas un vrai travail, mais popularité oblige, récupération politique...

Les joueurs s'en moquent, ils ont reçu une Prado, une grosse somme et ils se sont montrés aux recruteurs...

Alors de nouveau c'est la vie de la cité qui est frappée par ces orages, pour les autres, un coup de raclette et ça repart (je fais partie de ces "autres")...

Dure la vie quotidienne pour la majorité... Dur de se voir refuser l'accès à un hôpital parce que bongo eza té (pas d'argent), dur de donner sa tv, sa radio pour que son gamin en crise de malaria soit soigné; dur de voir la petite blanche bien soignée, puis rapatriée pour les mêmes maux...

Réalité congolaise, rien de nouveau le long du fleuve...

On le savait déjà, on le savait en venant... N'empêche! ça continue à remuer... Chacun se situe par rapport à ça comme il veut, trouve son équilibre, réagit avec ses moyens... Blessure pour certains...

Et pourtant, à chaque fois, quelque chose ou quelqu'un rallume la flamme, un sourire, un regard, un geste... et on y replonge... On passe outre le découragement pour retrouver l'enthousiasme, partagé la soif de vivre...

Un moment de calme, un partage...
Une belle rencontre...une nouvelle découverte...
Les rires, les délires, les musiques reprennent...

Ce sont eux qui souffrent et ce sont eux qui redonnent l'espoir!!! Pays maudit, pays de meerrrde! Pays attachant, pays magnifique...

Bon là-dessus, au boulot!
Bonne journée...


Hervé S.