samedi 6 juin 2009

Confidences de chauffeur de ministre


ALLÔ, S.S. PROPHETE SIMON KIMBANGU ?

Par Le Potentiel


Confusion de dates dans la tête de mon patron, le Ministre des Affaires stratégiques ! Le pauvre, il s’est sûrement réveillé de pied gauche, et n’a apparemment aucune notion de temps. La confusion s’est encore compliquée le 25 mai dernier, «Jour de Noël » auto-proclamé des Kimbanguistes. En roulant à travers la ville, nous avons croisé d’immenses colonnes d’adeptes en vert-blanc chantant et dansant la naissance du premier Prophète noir. Mon patron de Ministre ne comprenait plus rien, et a fait confirmer auprès de moi la vraie version. Je lui ai expliqué que les Kimbanguistes sont jusqu’au-boutistes : ils ont désormais aligné sur le même diapason protocolaire et dogmatique Jésus de Nazareth et Kimbangu de Nkamba.

Donc désormais les chrétiens ont leur 25 décembre ; et les kimbanguistes ont leur 25... mai ! Ce qui a évidemment rendu furieux les Catholiques qui ont retiré leur solidarité chrétienne aux ex-frères en Christ. D’ailleurs les Kimbanguistes eux-mêmes semblent très embarrassés et ne savent plus à quel saint se vouer, et si le Christ reste toujours leur Sauveur…

De toutes les façons, au nom d’une Eglise africaine dynastique, les héritiers ont commencé à s’étriper pour des raisons inavouables de pouvoir et de fric! Mon patron de Ministre écoutait tout ça avec un mélange d’étonnement et de déception, lui qui vouait tant de respect à Simon Kimbangu. Il a donc pris une très grave décision: demander directement, à partir du Ciel, l’avis du fondateur du kimbanguisme, à travers l’interview exceptionnelle d’un journaliste exceptionnel qui est en contact exceptionnel, on ne sait comment, avec le Ciel. Il a suffi donc que mon patron de Ministre entre en contact avec ce fameux journaliste très introduit au Ciel pour obtenir de première main cette interview exclusive. Il avait fallu auparavant au fameux journaliste, se servant de son entregent, pour obtenir l’adresse personnelle du Prophète au ciel et lui adresser un mail : s.kimbangu@lola.cd. (ndlr: lola = paradis en lingala) L’on comprend pourquoi, il s’est passé beaucoup de jours depuis le 25 mai, avant la présente publication. Difficile de joindre le Ciel par téléphone ou par e.mail à partir de notre pays : les lignes et les voies du Seigneur y sont particulièrement insondables…

Voici l’interview de Sa Sainteté :

Journaliste : , Sainteté, merci infiniment d’avoir accepté de répondre à notre interview malgré vos nombreuses occupations là-haut-d’en-haut au Ciel. A propos, à quoi occupez-vous le temps éternel ? Vous ne vous ennuyez pas ?

S.S.S. Kimbangu : Que Dieu vous bénisse, mon fils. Comment pourrait-on s’ennuyer à droite de Dieu le Père. Ici le temps n’est pas le temps ; tout s’écoule en bonheur, en splendeur, en prière, en extase, en providence ! Alléluia !

Journaliste : S.S.S, vous reconnaissez-vous comme fondateur de l’Eglise du Christ sur la terre pour le Salut des Noirs, le kimbanguisme ?

S.S.S : De mon vivant, je n’ai jamais fondé d’Eglise. Cette initiative, louable sans doute, est l’œuvre de mes frères et sœurs en Christ. Ce sont eux qui détiennent le brevet d’invention.. Dommage qu’ils se tuent pour les droits d’auteur ! Alléluia !

Journaliste : S.S.S, justement ! Que vous inspirent toutes ces querelles de vos héritiers ? S.S.S (sanglots) : Ah ! Ne m’en parlez pas. J’en souffre terriblement. J’ai déjà souffert le premier jour quand ils ont décidé de se passer le pouvoir en mon nom et à tour du rôle héréditaire. On aurait pu demander mon avis ! Que Dieu leur pardonne, Alléluia !

Journaliste : S.S.S, et que pense le Christ de tout ça, de toutes ces dissensions fratricides, de la Noël délocalisée ? S.S.S : Hm ! L’autre matin, j’ai croisé dans les couloirs mon frère Jésus, et il m’a dit son étonnement sur toutes ces divergences de nos naissances respectives. Quelle foutaise ! Cela donnait la lamentable impression d’une course au pouvoir. Or, tout le monde sait que je n’ai pas l’âme putschiste. Sinon j’aurai pu faire basculer le pouvoir colonial qui m’a tant malmené à l’époque. Alléluia !

Journaliste : Avez-vous l’occasion de rencontrer souvent les Présidents Kasa-vubu, Mobutu, Kabila, le Premier ministre Lumumba, les Cardinaux Malula et Etsou, les Roi Léopold II et Baudouin ? Que vous dites-vous ? S.S.S : Oui, bien sûr, nous nous rencontrons souvent. L’autre soir, on a même partagé le cocktail dinatoire ensemble. Belle ambiance, mais traversée de temps en temps quand même par des lueurs de tristesse à voir le spectacle chez vous les pécheurs en-bas-d’en-bas. On dirait que l’horloge du temps s’est enrayée là-bas ! L’autre jour, Dieu le Père excédé, a menacé d’envoyer les 60 millions de Congolais en enfer, si la java continuait…

Mais chacun d’entre nous ici est formel, y compris les Belges Léopold et Baudouin : s’il fallait recommencer, aucun d’entre nous ne referait ce qu’il avait fait avant. C’est d’ailleurs pourquoi, on s’entend bien. Nous avons même créé une ONG célesto-humanitaire pour vous là-bas ; elle est présidée par l’artiste Luambo Franco-de-mi-amor…Alléluia !

YOKA LYE

ANDREYOKALYE@YAHOO.FR

jeudi 4 juin 2009

Dieumerci Mbokani de retour à Kinshasa !!!



Encore un de ces moments incroyables que seule la RDC peut vous offrir aussi simplement!

Mercredi, conviés par Patrick, Xavier et moi avons eu la chance de renconter un certain Mbo... Alors les liégeois, ça vous dit quelque chose?

De retour dans sa ville natale pour quelques semaines de vacances, Dieumerci est passé par la Rawbank pour donner une courte conférence de presse. Une dizaine de journalistes des principales chaînes et, trois mundéles supporters du Standard!


Les interviews sont en lingala, le "Petit" pas très causant et les conditions d'enregistrement difficiles (portes qui claquent, gsm qui sonnent et clavier du gars qui travaille juste derrière...). Pour ce qui est de l'intérêt des questions nous ne pourront malheureusement pas en juger (vous pouvez toujours essayer en ragardant la vidéo ci-dessous). Par contre Xavier et Patrick ont sauvé l'honneur en essayant d'en savoir plus sur son avenir... Championnat anglais et peut-être à Fulam. Mbokani en a quand même profité aussi pour lancer son association qui a pour but de soutenir un quartier en créant un hôpital.


Après 20 minutes tout au plus, Xavier sort son maillot rouch' et le fait signé. La caméra ne rate rien de la scène. Enfin quelque chose à filmer... Ensuite, il est reparti vers son quartier, UPEN, dans sa belle Touareg.


Au final donc, une rencontre orginale et la découverte du monde du journalisme en RDC où sans un petit encouragement, pas de reportage ni même un entrefilet dans la dernière des gazettes...



Le terrain de Jean et les photos perdues

C'est donc dimanche dernier que nous nous sommes rendus sur la nouvelle parcelle que papa Jean a pu acheter grâce à vous.

Le lopin de terre se situe un peu après l'aéroport, sur une colline de sable. C'est encore un des ces endroits où l'on peut observer la ville s'étendre. La poussée démographique oblige les kinois à construire toujours plus loin. Le milieu urbain engloutit donc chaque jour un peu plus de brousse.

Cette urbanisation trop rapide et presque anarchique pose pas mal de difficultés à l'état qui ne parvient pas à faire suivre les infrastructures. Pas de route, pas d'eau courante, pas d'éléctricité, pas d'écoles ni d'hopitaux subsidiés par le gouvrnement. Ici, tout va trop vite. Les maisons de blocs sortent du sable un peu partout et, déjà, l'érosion montre les dents.


Mais papa Jean est heureux! Il a son morceau de Congo avec, en plus, une vue agréable sur les collines avoisinantes.

Dans un premier temps, il voudrait parvenir à construire un cabanon de tôles afin de quitter la maison de la cité pour laquelle il paie toujours un loyé de 50$.

En suite, dans quelques années peut-être, il bâtira sa maison de blocs. Son épouse pourra aussi planter un peu de magnoc pour le fufu et le pundu et leur fils pourra jouer dans le sable avec les enfants du voisinage....

Grâce à vous donc, c'est un horizon un peu moins sombre qui s'offre à la famille de Jean ainsi qu'à celle de Samuel.

Pour ce dernier, nous n'avons malheureusement pas eu le temps de nous rendre chez lui. Mais il semblerait qu'il ait une situation fort semblable à celle de Jean.



Bien à vous.


PS: malheureusement, j'ai perdu les photos de la parcelle même... Enfin, elle ressemble à ce que vous voyez sur les autres photos.


vendredi 29 mai 2009

Musique!

Enfin de la BONNE musique! 

J'entends par bonne une musique nouvelle, créative et originale. 

Konono n°1 est un groupe originaire de N'Djili, le quartier de l'aéroport. Et leur Myspace est ici!
Ils ont pour particularité d'utiliser des bases de la musique ancestrale et de la moderniser. 
On électrifie et amplifie les instruments, on sature la sono, et on fait tourner la mélodie jusqu'à la transe... 
Les Ancêtres adorent et nous aussi! Même Bjork les a fait enregistrer avec elle. 

C'est dire...

Allez, écoutez moi ça pour entamer le week-end en pleine forme!

mardi 26 mai 2009

Vivement dimanche chez papa Jean!

Bonjour à tous!

Aujourd'hui, une bonne et une moins bonne nouvelle...

Tout d'abord, Jean a acquis son terrain et démarré les travaux. Toutefois, le pays étant ce qu'il est, il a fallu ajouter un peu d'argent pour les différents bakchichs et autres matabichs. Soit 250$ pour les différentes administrations et il manque encore 80$ afin que le bourgmestre de sa commune appose l'ultime signature. (Pour ces derniers, ni Jean ni nous n'avons encore trouvé de solution).
Mais bon, visiblement, ça roule et Jean est aux anges. Ils nous appellentMoïse et se demande comment il va pouvoir vivre sans nous dés notre départ. Ce qui a tendance à nous agacer car on espère qu'il va parvenir à se débrouiller pour payer la nourriture et l'école à ses enfants... Toujours est-il que ce dimanche 31, nous nous rendons sur son chantier afin de rencontrer sa famille et découvrir l'aboutissement du projet. Je pourrais donc enfin publier quelques clichés.
La seconde nouvelle est plutôt une énigme pour le moment... En effet, la deuxième famille que nous avons pu aider grâce à vous est celle de Samuel. Mais je n'ai eu qu'un contact téléphonique avec lui. Et, franchement, je n'ai rien compris. Son français et le mien semblent trop éloignés. Donc je ne sais pas où il en est... Normalement, il doit passer demain après-midi. Espérons que la pression familiale, sociale ou que la faim ou la santé ne l'ont pas poussé à utiliser l'argent à autre chose...

Nous en saurons plus demain.  

Voilà pour les dernières infos.Sachez que si l'envie vous prend de vouloir encore les aider ou en aider d'autres, nous restons vos intermédiaires sur place pour un mois encore...

Bien à vous!



Il est évident que cette image n'a rien à faire là, 
c'est juste pour vous faire voyager un peu!

lundi 25 mai 2009

Des mecs, des pizza & une radio...


Dans la vile de Dieumerci Mbokani, comment ne pas avoir pensé à retransmettre ces deux tests matchs? Sans images, sans connexion internet fiable, nous voici quelques décénies en arrières. Atablés autour d'un transistor. A la différence qu'aujourd'hui, le poste est chinois et que nous mangeons des pizza préparées par un portugais en buvant une bière kinoise...

Mais peu importait ce week-end. Tout était possible. Et ils l'ont fait! Quel drôle de sentiment que cette fierté qui surgit entre nous à cause du seul fait que nous venons d'une même région. Je me mettrais même à aimer le foot... Il est peut-être temps que je rentre avant que le Congo ne me transforme complètement...

Un seul mauve à notre table de liégeois...


Bonne journée à tous.

mardi 19 mai 2009

Pour mon anniversaire: premières leçon de batterie!

Cela fait des années que je casse les oreilles à mes parents pendant les repas, à mon frère qui étudie dans la chambre voisine, à Sophie qui téléphone et aux élèves qui sont en interro en frappant sur tout et n'importe quoi, et, surtout n'importe quoi!!!

Je me suis donc lancé! 

C'est autour d'une (ou peut-être plusieurs) bière que j'ai rencontré Djenga, batteur du groupe Washiba. De fil en aiguille on cause, je fais le malin... "Ouais, j'aime trop ce que tu fais. Mais tu vois moi ...." Bref, c'est après avoir débité pas mal d'ânneries dont nous avons tous le secret fin de soirée, que je lui tape dans la main et m'engage à prendre des leçons de batterie chez lui!

Quelques jours plus tard, le maître m'accueille dans son humble studio et nous démarrons sur ce qu'ils appellent une batterie accoustique (pour ne pas dire bricolée...).

Mais le coeur y est! Le prof ne connaît pas vraiment le solfège mais frappe des caisses depuis l'âge de 6ans. Ndombolo, rumba, ragga, jazz. Tout fait farine. L'élève quant à lui tente de comprendre ce qu'on lui veut. 

L'air est chaud, humide. Le t-shirt colle à la peau. Les enfants jouent dans la rue et défilent à la porte. Lorsqu'ils dansent un peu, je me vois déjà à l'arrière d'une scène entrain de faire danser tout Kinshasa!

Aaah... Ces beaux rêves d'enfants!

Le Maître:


L'élève...